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Le ronflement du nourrisson, entre bruit banal et signal à vérifier

Un bébé qui ronfle inquiète vite. Les enquêtes montrent que le bruit est courant, que le nez minuscule y joue un grand rôle, et qu'il existe des signes précis qui demandent un avis rapide.

Par Jan Kohlhaas · 8 min de lecture · Mis à jour le 02/11/2026 · Information générale sur le bien-être, pas un diagnostic médical

La réponse courte

Le ronflement du nourrisson est courant : 15,8 % des bébés pendant les quatre premières semaines et 26,1 % au cours des deux semaines précédant l'entretien dans une enquête de 1 800 nourrissons, 9 % de façon habituelle dans une autre (457 bébés de 1 à 14 semaines). Le nez minuscule, les infections et le larynx encore mou sont des causes fréquentes de bruit. Un ronflement très fréquent dès le premier mois a été associé à des scores de développement un peu plus bas à 6 mois dans une petite étude, sans qu'on sache si cela dure. Des pauses respiratoires, des lèvres bleutées, une respiration qui creuse la poitrine ou un bébé mou imposent d'appeler le 15 ou le 112 ; un bruit présent aussi éveillé ou des difficultés à téter demandent un avis du pédiatre dans la journée.

Un bébé qui respire bruyamment dans son berceau fait tendre l'oreille à tous les parents. Le bruit ressemble parfois à un petit ronflement d'adulte, parfois à un grognement, parfois à un sifflement. Le plus souvent, il est banal. Mais il existe des situations où il ne l'est pas, et la différence ne se joue pas sur le volume sonore : elle tient à ce qui l'accompagne.

Le ronflement du nourrisson est-il fréquent, et à quel moment faut-il s'en préoccuper ?

Il est fréquent, plus que beaucoup de parents ne l'imaginent. Dans une enquête auprès de 1 800 nourrissons suivis sur leur première année, 15,8 % ronflaient pendant les quatre premières semaines de vie et 26,1 % pendant les deux semaines précédant l'entretien. Le ronflement récent était lié à l'âge croissant, au sexe masculin, au tabagisme de la mère, à la position de sommeil et au nombre d'infections respiratoires. Les auteurs jugent ces facteurs probablement liés de façon causale au ronflement.

Mitchell EA, Thompson JM. Snoring in the first year of life. Acta Paediatr 2003. PMID 12801107

Les chiffres varient avec la définition. Chez 457 bébés de 1 à 14 semaines, environ 9 % ronflaient de façon habituelle, c'est-à-dire au moins trois nuits par semaine. Chez 944 enfants de 2 semaines à 2 ans, 11,8 % ronflaient deux jours par semaine et 5,3 % trois jours ou plus. Les auteurs de l'enquête sur 457 bébés concluent que le ronflement est aussi fréquent chez le nourrisson que chez l'enfant plus grand.

Nourrissons et jeunes enfants qui ronflent4 premières semaines15,8 %Deux dernières semaines26,1 %≥ 3 nuits, 1 à 14 semaines9 %≥ 2 nuits/sem, 0 à 2 ans11,8 %≥ 3 nuits/sem, 0 à 2 ans5,3 %
Schéma réalisé par SleepTrace : part des enfants dont les parents rapportent du ronflement, dans trois enquêtes différentes qui ne définissent pas le ronflement de la même façon. Barres bleues : 1 800 nourrissons suivis sur un an. Barre violette : 457 nourrissons de 1 à 14 semaines. Barres orange : 944 enfants de 2 semaines à 2 ans. Les chiffres ne sont donc pas comparables entre barres de couleurs différentes. Données : Mitchell 2003 (PMID 12801107), Piteo 2011 (PMID 21865083), Montgomery-Downs 2006 (PMID 16564742). Schéma SleepTrace.

Piteo AM, Lushington K, Roberts RM, van den Heuvel CJ, Nettelbeck T, Kohler MJ, Martin AJ, Kennedy JD. Prevalence of snoring and associated factors in infancy. Sleep Med 2011. PMID 21865083

Montgomery-Downs HE, Gozal D. Sleep habits and risk factors for sleep-disordered breathing in infants and young toddlers in Louisville, Kentucky. Sleep Med 2006. PMID 16564742

Dans une autre enquête sur 200 bébés de 2 à 4 mois, 5 % étaient décrits comme ronfleurs habituels, 24 % avaient une respiration bruyante sans ronflement à proprement parler, et 6,5 % les deux. Les bébés à respiration bruyante étaient jugés plus grincheux dans la journée par leur mère, y compris après ajustement sur les principaux facteurs de confusion. L'auteur y voit un motif d'examiner de près les bébés particulièrement irritables.

Kelmanson IA. Snoring, noisy breathing in sleep and daytime behaviour in 2-4-month-old infants. Eur J Pediatr 2000. PMID 11039127

Pourquoi un bébé fait du bruit en respirant

Le nez est la première explication. Un nouveau-né respire presque exclusivement par le nez jusqu'à au moins l'âge de deux mois, et les passages sont minuscules. Une revue pédiatrique rappelle que, dans ces conditions, une obstruction nasale peut entraîner une gêne respiratoire, un sommeil modifié, un risque plus élevé d'apnée obstructive et des difficultés à se nourrir. La plupart des obstructions viennent d'un nez qui coule ou qui gonfle : rhinite du nouveau-né, infection virale des voies respiratoires hautes, parfois allergie au lait ou au soja. Le lavage du nez au sérum physiologique, suivi d'une aspiration douce, est cité par les auteurs comme moyen efficace de contrôler la congestion chez les nourrissons ; le pédiatre ou la sage-femme montre le geste.

Chirico G, Beccagutti F. Nasal obstruction in neonates and infants. Minerva Pediatr 2010. PMID 20940683

La deuxième explication se trouve dans le larynx. La laryngomalacie, un larynx encore souple dont les tissus retombent pendant l'inspiration, est la cause la plus fréquente de stridor chez le nouveau-né et le nourrisson. Le stridor est un bruit plus aigu que le ronflement, surtout à l'inspiration, qui s'entend souvent aussi à l'éveil, notamment quand le bébé pleure ou tète. Des difficultés d'alimentation sont présentes chez environ la moitié des enfants concernés. La maladie guérit le plus souvent d'elle-même dans les 24 premiers mois, et la majorité des enfants sont suivis sans intervention. De 5 à 20 % des enfants ont une forme sévère ou résistante qui demande une intervention. Le diagnostic repose sur un examen du larynx par un spécialiste, jamais sur l'écoute seule.

Thorne MC, Garetz SL. Laryngomalacia: Review and Summary of Current Clinical Practice in 2015. Paediatr Respir Rev 2016. PMID 25802018

La troisième explication est plus rare, mais elle existe : des amygdales ou des végétations volumineuses, une anomalie de la mâchoire ou de la cloison, une maladie plus générale. Ce n'est pas à l'oreille qu'on les distingue. Pour comprendre par où l'air passe et où naît le bruit, ronflement par le nez, la gorge ou la bouche décrit le trajet chez l'adulte.

Un ronflement habituel dès les premières semaines a-t-il des conséquences ?

Une étude suivie sur 104 nourrissons s'est posé la question. Seize bébés (treize garçons) qui ronflaient souvent, au moins trois nuits par semaine, dès le premier mois et jusqu'à six mois, ont été comparés à 88 bébés qui ne ronflaient jamais en dehors d'un rhume. À six mois, leur score de développement cognitif (échelle de Bayley) était plus bas : 95,3 en moyenne contre 100,6. Il s'agit d'une association chez un petit nombre d'enfants. Les auteurs précisent qu'on ne sait pas si ces bébés continueront à ronfler, ni si l'écart se creuse ou se comble avec l'âge.

Piteo AM, Kennedy JD, Roberts RM, Martin AJ, Nettelbeck T, Kohler MJ, Lushington K. Snoring and cognitive development in infancy. Sleep Med 2011. PMID 22104543

Chez l'enfant plus grand, le rapport technique de l'académie américaine de pédiatrie sur l'apnée obstructive de l'enfant situe sa fréquence entre 0 et 5,7 % selon les études, relie l'obésité à un risque plus élevé, et place l'ablation des amygdales et des végétations en traitement de première intention. Cela ne se transpose pas tel quel au nourrisson, mais montre que le ronflement de l'enfant peut être le signe d'un trouble du souffle à explorer. Pour la question générale de qui consulter, voir qui consulter pour un ronflement.

Marcus CL, Brooks LJ, Draper KA, Gozal D, Halbower AC, Jones J, Schechter MS, Ward SD, Sheldon SH, Shiffman RN, Lehmann C, Spruyt K, American Academy of Pediatrics. Diagnosis and management of childhood obstructive sleep apnea syndrome. Pediatrics 2012. PMID 22926176

Ce que fait le pédiatre devant un bébé qui ronfle

Selon la page d'ameli sur le bilan et le traitement des ronflements (consultée le 2 novembre 2026), le médecin traitant ou le pédiatre recherche d'abord une cause au ronflement de l'enfant. Le traitement de cette cause permet de diminuer ou de supprimer le bruit : c'est le plus souvent une maladie inflammatoire de la sphère ORL, comme une rhinopharyngite, une angine ou une allergie, qui obstrue les voies aériennes. Si le ronflement persiste, le médecin oriente vers un oto-rhino-laryngologiste, chargé d'identifier une cause pouvant relever d'un traitement chirurgical, par exemple l'ablation des végétations ou des amygdales, plus particulièrement chez l'enfant quand les signes d'obstruction sont importants. Si une apnée du sommeil est diagnostiquée chez l'enfant, la prise en charge diffère de celle de l'adulte : perte de poids en cas de surpoids, traitement orthodontique, rééducation des muscles de la langue par un orthophoniste, et recours à l'appareil à pression positive continue beaucoup moins systématique. La différence entre un ronflement simple et une apnée est expliquée, pour l'adulte, dans ronflement ou apnée du sommeil.

Pour un nourrisson, ces étapes restent exceptionnelles. Un bruit lié à un nez encombré s'éteint le plus souvent avec la guérison du rhume, mais c'est au professionnel d'en décider, pas au bruit lui-même.

Les signes qui demandent un avis rapide

Appelez le 15 ou le 112 sans attendre si le bébé a des pauses respiratoires, des lèvres ou un visage bleutés ou très pâles, s'il creuse la poitrine ou le ventre à chaque respiration, s'il est mou ou difficile à réveiller. Appelez le pédiatre dans la journée si le bruit est présent à chaque sommeil et aussi éveillé, si le bébé a du mal à téter ou s'arrête souvent pour reprendre son souffle, s'il prend mal du poids ou transpire beaucoup en dormant. Ce texte ne remplace pas un examen.

Ces signes sont ceux que les pédiatres recherchent parce qu'ils signalent un passage de l'air gêné de façon plus nette qu'un simple nez bouché. Les difficultés à s'alimenter, en particulier, sont citées dans la laryngomalacie comme dans l'obstruction nasale. Même sans ces signes, un bruit qui dure, qui s'aggrave ou qui s'accompagne d'une impression que quelque chose ne va pas mérite un avis, parce qu'un parent connaît son enfant.

Préparer la consultation, sans changer le couchage

Pour le pédiatre, trois informations valent plus qu'un souvenir : à quelle fréquence le bruit survient (combien de nuits par semaine), s'il est présent aussi éveillé, et ce qui l'accompagne (rhume, difficulté à téter, sueurs). Une courte vidéo de la respiration, avec le son, peut aider à montrer ce qui est difficile à décrire. Pendant ce temps, la position de couchage recommandée pour prévenir la mort inattendue du nourrisson, sur le dos, sur un matelas ferme et plat, ne se modifie pas pour atténuer un bruit. Dans l'enquête de 1 800 bébés, la position de sommeil figure parmi les facteurs associés au ronflement, mais cette association ne justifie pas de changer le couchage : cela se discute avec le pédiatre.

Questions fréquentes

C'est courant : 15,8 % des bébés ronflaient pendant les quatre premières semaines et 26,1 % au cours des deux semaines précédant l'entretien dans une enquête de 1 800 nourrissons. Parmi les causes fréquentes figurent un nez qui coule ou gonfle et un larynx encore mou.

Un nouveau-né respire essentiellement par le nez jusqu'à au moins deux mois, et ses passages sont minuscules : une obstruction nasale, souvent due à un rhume, suffit à faire du bruit. La laryngomalacie, un larynx souple, est la cause la plus fréquente de stridor chez le nourrisson et guérit le plus souvent d'elle-même dans les 24 premiers mois.

Des pauses respiratoires, une couleur bleutée, des efforts visibles pour respirer, une difficulté à téter, une mauvaise prise de poids ou un bruit présent aussi à l'éveil demandent un avis rapide. En cas de pauses, de lèvres bleutées ou de mollesse, appelez le 15 ou le 112.

Dans une étude de 104 nourrissons, 16 bébés qui ronflaient souvent dès le premier mois avaient un score cognitif plus bas à 6 mois (95,3 contre 100,6). C'est une association dans un petit groupe, et on ne sait pas si l'écart persiste.

Un lavage du nez au sérum physiologique suivi d'une aspiration douce est cité dans une revue pédiatrique pour les nez encombrés. Le pédiatre montre le geste. Pour le reste, le diagnostic passe par un examen, pas par un produit acheté. Ne changez pas la position de couchage recommandée.

Chez l'enfant, l'ablation des amygdales et des végétations est le traitement de première intention de l'apnée obstructive selon l'académie américaine de pédiatrie. Cela se décide après un examen, jamais à l'oreille.

SleepTrace est une application de bien-être, pas un dispositif médical. Cet article donne des informations générales, pas un avis médical. Si vos symptômes sont fréquents, marqués ou vous inquiètent, parlez-en à un médecin.


Pour un bébé qui ronfle, c’est le pédiatre qui décide, et les signes à surveiller sont dans l’article. SleepTrace n’est pas un babyphone et ne mesure pas la respiration d’un nourrisson. Il peut en revanche montrer vos propres nuits de parent : phases de sommeil estimées d’après le son, bruits horodatés, suivi nocturne gratuit.

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