Le ronflement vient de la vibration des tissus de la gorge (voile du palais surtout) quand le passage de l'air se rétrécit pendant le sommeil. Le surpoids, l'âge, le tabac, l'alcool du soir, un nez bouché et la position sur le dos reviennent le plus souvent dans les études. Ce n'est pas toujours le même facteur d'une nuit à l'autre, ce qui permet de chercher le sien en comparant quelques nuits. Un ronflement accompagné de pauses respiratoires ou d'une grosse fatigue en journée mérite un avis médical.
Vous ronflez, ou quelqu'un à côté de vous ronfle, et la question qui revient à trois heures du matin est toujours la même : pourquoi ? La réponse courte tient en une image. Pendant la journée, les muscles de la gorge maintiennent le passage ouvert. Pendant le sommeil, ils se relâchent, le passage se rétrécit, et l'air qui le traverse fait vibrer les tissus mous, un peu comme le vent fait claquer un drap sur un fil à linge. Tout le reste de cet article, c'est la liste de ce qui rend le passage plus étroit.
La cause du ronflement : un passage qui rétrécit, un tissu qui vibre
Une revue de la littérature sur l'acoustique du ronflement résume le mécanisme sans détour : le ronflement est dû à la vibration de structures anatomiques des voies aériennes de la gorge. Le battement du voile du palais donne au bruit son côté rauque. Il faut le sommeil, naturel ou provoqué par des médicaments, pour que le phénomène apparaisse : réveillé, personne ne ronfle, parce que le tonus musculaire garde le passage dégagé.
La même revue ajoute deux choses qui comptent pour la suite. Le ronflement concernerait 20 à 40 % de la population générale. Et il dépend de la position du corps, de la phase de sommeil, de la voie respiratoire (nez ou bouche) et de la présence éventuelle de troubles respiratoires du sommeil. Il peut varier d'une nuit à l'autre chez la même personne.
Pevernagie D, Aarts RM, De Meyer M. The acoustics of snoring. Sleep Med Rev 2010. PMID 19665907
L'Assurance Maladie décrit la même chose en termes plus simples : le ronflement apparaît quand les muscles de l'arrière-gorge, du voile du palais, de la luette et de la langue se relâchent et que les voies respiratoires se rétrécissent (page « Comprendre le ronflement et ses causes » sur ameli.fr). Voilà donc une définition simple du ronflement : un bruit rauque, plus ou moins fort, causé par des vibrations de la gorge pendant la respiration.

Qui ronfle, et à quelle fréquence
Le chiffre dépend de la façon dont on pose la question. Dans une enquête en ligne auprès de 1 239 adultes représentatifs de la population britannique, 38 % des hommes et 30,4 % des femmes disaient ronfler la nuit. Une partie d'entre eux (8,7 % des hommes, 5,6 % des femmes) disaient aussi s'arrêter de respirer pendant la nuit. Ce sont des déclarations, pas des mesures : on ne sait pas qui a raison sur son propre sommeil, puisque le ronfleur dort pendant que ça se passe.
Lechner M, Breeze CE, Ohayon MM, Kotecha B. Snoring and breathing pauses during sleep: interview survey of a United Kingdom population sample reveals a significant increase in the rates of sleep apnoea and obesity over the last 20 years - data from the UK sleep survey. Sleep Med 2019. PMID 30597439
Une enquête téléphonique plus ancienne, auprès de 4 972 personnes de 15 à 100 ans, donnait le chiffre de 40 % de ronfleurs réguliers. Elle a aussi cherché ce qui allait avec le ronflement régulier : le sexe masculin, un âge de 25 ans ou plus, l'obésité, la somnolence ou les siestes en journée, les réveils nocturnes, beaucoup de caféine et le tabac. Les deux chiffres ne se contredisent pas vraiment : 30 à 40 % de la population, selon la question, c'est une très grande partie du monde qui dort à côté de quelqu'un.
Ohayon MM, Guilleminault C, Priest RG, Caulet M. Snoring and breathing pauses during sleep: telephone interview survey of a United Kingdom population sample. BMJ 1997. PMID 9093095
Causes du ronflement chez l'homme : le sexe, l'âge, le poids
Les mêmes facteurs reviennent dans toutes les grandes enquêtes. À Tucson, sur 2 187 adultes, les principaux facteurs de risque indépendants du ronflement étaient le sexe masculin, un âge entre 40 et 64 ans, l'obésité et le tabagisme actuel. L'intensité du tabagisme comptait : plus on fumait, plus le ronflement était fréquent. Chez les anciens fumeurs, la fréquence du ronflement retombait au niveau des personnes qui n'avaient jamais fumé en quatre ans environ. L'alcool régulier et les médicaments pris pour dormir étaient associés à une légère hausse.
Bloom JW, Kaltenborn WT, Quan SF. Risk factors in a general population for snoring. Importance of cigarette smoking and obesity. Chest 1988. PMID 3258226
Quand on cherche la cause du ronflement chez l'homme, c'est donc surtout ce tableau qu'on retrouve : l'âge qui avance, le poids, la cigarette. Les raisons anatomiques précises pour lesquelles les hommes ronflent plus que les femmes restent discutées, et aucune des études citées ici ne les tranche. Ce qu'on peut dire sans forcer : le sexe masculin ressort comme facteur associé, pas comme explication. Pour le ronflement chez la femme, où les chiffres changent après la ménopause et pendant la grossesse, un article à part lui est consacré : ronflement chez la femme, causes et particularités.
Un travail de cohorte du Wisconsin a mesuré le sommeil de 602 adultes de 30 à 60 ans en laboratoire. Le sexe masculin et l'obésité étaient fortement liés aux troubles respiratoires du sommeil, et les ronfleurs habituels, hommes comme femmes, avaient plus souvent un indice d'apnées-hypopnées de 15 ou plus. Le ronflement n'est pas une maladie, mais quand il est fort et fréquent, il est plus souvent associé à quelque chose de plus sérieux. Nous y revenons plus bas.
Young T, Palta M, Dempsey J, Skatrud J, Weber S, Badr S. The occurrence of sleep-disordered breathing among middle-aged adults. N Engl J Med 1993. PMID 8464434
Ce qui change d'une nuit à l'autre : alcool, nez, position
C'est la partie la plus utile de cet article, parce que c'est la seule que vous pouvez vérifier chez vous. Un ronfleur ne ronfle pas de la même façon tous les soirs, et trois facteurs sont documentés.
L'alcool : le verre du soir
Sur le lien entre ronflement et alcool, de petites études en laboratoire, presque uniquement sur des hommes, vont toutes dans le même sens : de l'alcool pris avant de dormir augmente les événements respiratoires nocturnes, y compris chez des hommes sans symptômes. Certains ronfleurs « bénins » ont même développé de vraies apnées pendant la première heure de sommeil. Les chiffres, les sources et les limites sont dans ronflement : que faire sans produit. Ce qui compte ici : l'alcool fait partie de ce qui varie d'un soir à l'autre, donc de ce que vous pouvez vérifier sur vos propres nuits.
Le nez qui ne laisse pas passer l'air
Dans une enquête de population, les personnes qui avaient souvent des symptômes de rhinite la nuit déclaraient nettement plus souvent un ronflement habituel. Quand le nez est bouché, la respiration passe par la bouche, et le passage de la gorge devient plus étroit. Le détail de l'étude (Young et coll., 1997) et celui de l'expérience sur la respiration buccale sont dans ronflement par le nez, la gorge ou la bouche.
La position, la fatigue, les médicaments du soir
Sur le dos, la langue et le voile du palais tombent vers l'arrière sous l'effet de la gravité : la revue d'acoustique citée plus haut classe la position du corps parmi les facteurs qui modifient le ronflement. L'Assurance Maladie cite aussi parmi les facteurs favorisants les somnifères, tranquillisants et antihistaminiques pris le soir, qui diminuent le tonus des muscles de la gorge. Sur ce dernier point, la décision de changer quoi que ce soit à un traitement appartient à votre médecin, pas à un article de blog.
Un problème de ronflement n'est pas toujours un problème d'apnée
Le ronflement simple, sans pauses respiratoires, existe et il est fréquent. La limite est floue pour une raison simple : on ne distingue pas un ronflement « seulement bruyant » d'un ronflement avec apnées en écoutant le bruit. Dans une grande étude de laboratoire sur 1 643 ronfleurs adressés pour une suspicion d'apnée, plus l'apnée était sévère, plus le ronflement mesuré était fort en moyenne (corrélation de 0,66). Mais ce sont des moyennes de groupe : le volume d'une personne seule ne permet pas de deviner une apnée, et un ronflement discret n'exclut rien. Les chiffres sont dans décibels et ronflement.
Maimon N, Hanly PJ. Does snoring intensity correlate with the severity of obstructive sleep apnea? J Clin Sleep Med 2010. PMID 20957849
À ne pas laisser passer. Des pauses respiratoires remarquées par quelqu'un d'autre, des réveils en sursaut avec une sensation d'étouffement, une somnolence qui gêne la journée ou la conduite, un mal de tête fréquent au réveil : ces signes ne relèvent plus du simple bruit. Parlez-en à votre médecin traitant. L'article qui consulter pour un ronflement explique vers qui aller et comment préparer le rendez-vous.
Trouver votre cause à vous : quelques nuits comparées
Les listes de causes ont une limite : elles décrivent des groupes, pas vous. Ce qui rend la question pratique, c'est la variabilité d'une nuit à l'autre. Si votre ronflement change selon ce que vous avez bu, mangé, selon la position ou selon l'état de votre nez, vous avez des indices sur ce qui joue chez vous. Pour cela, il faut deux choses : un enregistrement de la nuit, et un petit carnet de ce qui s'est passé avant.
- Posez le téléphone sur la table de chevet et laissez l'enregistrement tourner toute la nuit. Une application comme SleepTrace (iPhone et Android, analyse sur l'appareil) repère les passages de ronflement avec leur heure et permet de les réécouter : on voit si c'est en début de nuit, plutôt le matin, en continu ou par à-coups.
- Notez trois choses avant de dormir : alcool (oui ou non), nez bouché (oui ou non), repas tardif ou non. Rien de plus, le but n'est pas un journal de bord.
- Comparez sept nuits sans rien changer d'autre. Si les nuits sans alcool sont nettement plus calmes que les autres, vous avez trouvé quelque chose. Si rien ne varie, c'est une information aussi : la cause est plus probablement structurelle (anatomie, poids) que situationnelle.
Cela ne pose aucun diagnostic. SleepTrace est une application de bien-être, pas un dispositif médical : elle sert à voir un schéma et à le montrer à un médecin, pas à poser un nom sur une maladie. Pour les mesures qui ont un effet documenté, sans achat, la suite logique est ronflement : que faire sans produit.
Pourquoi une liste de causes ne dit pas la vôtre
Les études citées ici ont des limites qu'il vaut mieux dire. Beaucoup portent sur des hommes, certaines sur quelques personnes seulement, la plupart sont anglo-saxonnes, et les enquêtes par questionnaire dépendent de ce que les gens savent de leur propre sommeil. Aucune ne permet de dire « votre ronflement vient de ceci ». Elles permettent de dire ce qui revient le plus souvent, et ce qui vaut la peine d'être comparé chez soi, nuit après nuit.
Questions fréquentes
Parce que votre passage d'air se rétrécit chaque nuit au même endroit, le plus souvent autour du voile du palais et de la langue. Le surpoids, l'âge, le tabac et la forme de la gorge ou du nez jouent un rôle. Comparer plusieurs nuits enregistrées montre si quelque chose varie, comme l'alcool ou un nez bouché.
Le sexe masculin, un âge entre 40 et 64 ans, l'obésité et le tabagisme actuel dans l'étude de Tucson. Viennent ensuite l'alcool et les médicaments pour dormir, la congestion nasale et la position sur le dos. Ce sont des facteurs associés, pas des explications individuelles.
C'est un bruit rauque plus ou moins fort causé par la vibration des tissus de la gorge quand l'air passe dans un passage rétréci pendant le sommeil. Il peut être occasionnel ou régulier, et il peut exister seul ou avec des pauses respiratoires.
Non. Le ronflement simple est très répandu. Il devient une question médicale s'il s'accompagne de pauses respiratoires remarquées, de réveils avec sensation d'étouffement, d'une somnolence marquée en journée ou de maux de tête au réveil.
Le ronflement dépend de la position, de la phase de sommeil, de la voie respiratoire et de ce qui s'est passé avant le coucher, comme l'alcool ou un nez encombré. Il peut donc varier chez la même personne d'une nuit à l'autre.
SleepTrace est une application de bien-être, pas un dispositif médical. Cet article donne des informations générales, pas un avis médical. Si vos symptômes sont fréquents, marqués ou vous inquiètent, parlez-en à un médecin.
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