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Décibel ronflement : à quel volume ronfle-t-on, et que mesure un téléphone ?

Le volume est la première chose qu'on remarque dans un ronflement, et la seule qu'on sache chiffrer. Mais un chiffre en décibels ne veut rien dire sans sa distance, son appareil et sa moyenne. Voici ce que les mesures de laboratoire montrent, et ce qu'elles ne montrent pas.

Par Jan Kohlhaas · 8 min de lecture · Mis à jour le 20/10/2026 · Information générale sur le bien-être, pas un diagnostic médical

La réponse courte

Dans une étude de laboratoire sur 1 643 ronfleurs adressés à un centre du sommeil, l'intensité du ronflement allait en moyenne de 46,3 dB chez ceux sans apnée à 60,5 dB chez ceux avec une apnée très sévère. Plus l'apnée est sévère, plus le ronflement est fort en moyenne, mais la corrélation n'est que de 0,66 : le volume seul ne permet pas de conclure. Un téléphone peut servir à comparer vos nuits entre elles, à condition de ne pas changer de place, mais un chiffre en dB isolé reste peu fiable selon l'appareil et l'application.

Quand on veut savoir à combien de décibels on ronfle, la question de fond est presque toujours la même : est-ce que c'est fort, est-ce que c'est anormal, et est-ce qu'un chiffre peut le dire ? La réponse honnête tient en trois points. Il existe des mesures sérieuses du volume des ronfleurs. Le volume dit quelque chose de la gravité en moyenne, mais presque rien sur un cas isolé. Et un chiffre lu sur un téléphone n'a de valeur que si on sait comment il a été obtenu.

Décibel ronflement : les niveaux mesurés en laboratoire

La mesure la plus utile vient d'une étude de laboratoire qui a enregistré l'intensité sonore du ronflement pendant la polysomnographie de 1 643 ronfleurs habituels, adressés pour une suspicion d'apnée du sommeil. Les patients étaient classés selon l'indice d'apnées-hypopnées (le nombre d'événements respiratoires par heure) en cinq catégories, de « pas d'apnée » à « apnée très sévère ». L'intensité du ronflement augmentait régulièrement d'une catégorie à l'autre : de 46,3 dB (± 3,6) chez ceux sans apnée à 60,5 dB (± 6,4) chez ceux avec plus de 50 événements par heure. La corrélation entre l'intensité du ronflement et l'indice était de 0,66.

Maimon N, Hanly PJ. Does snoring intensity correlate with the severity of obstructive sleep apnea? J Clin Sleep Med 2010. PMID 20957849

Intensité du ronflement en laboratoire (moyennes)Sans apnée (indice < 5)46.3 dBApnée très sévère (> 50)60.5 dB
Schéma maison, valeurs tirées de Maimon et Hanly 2010 (1 643 ronfleurs habituels adressés à un centre du sommeil, intensité mesurée pendant la polysomnographie). Ce sont des moyennes de groupe avec une dispersion : un individu peut se situer bien au-dessus ou au-dessous de la valeur de son groupe.

Deux précautions sur ces chiffres. Les patients de l'étude étaient adressés pour une suspicion d'apnée : ce n'est pas un échantillon de la population générale, et les résultats ne se transposent pas tels quels à un ronfleur sans plainte. Et l'écart entre les deux extrêmes, environ 14 dB, est un écart de moyennes. Il ne dit pas dans quelle catégorie se situe celui qui vous inquiète.

Un ronflement fort est-il plus grave ?

La première inquiétude concerne le volume. L'étude précédente apporte la réponse que la sagesse populaire devinait : en moyenne, oui, le ronflement est plus fort quand l'apnée est plus sévère. Mais une corrélation de 0,66 laisse beaucoup de place à l'exception. Un ronflement très fort peut être « seulement » un ronflement fort ; un ronflement discret peut accompagner des pauses respiratoires. Ce que le volume ne remplace pas, ce sont les autres signes : silences suivis d'une reprise bruyante, réveils avec sensation d'étouffement, fatigue en journée. Ces signes et la marche à suivre sont dans qui consulter pour un ronflement.

Et chez l'homme ? La question revient souvent, parce que les hommes ronflent plus que les femmes dans les enquêtes de population. Mais l'étude de laboratoire citée ici ne compare pas des volumes par sexe dans l'abstract, et on ne peut donc pas conclure que le ronflement des hommes est plus fort à gravité égale. Le ronflement féminin est, lui, plus souvent sous-estimé par l'entourage : voir ronflement chez la femme.

Ce qu'on entend, ce qu'on mesure : un bruit très subjectif

Une revue sur l'acoustique du ronflement le dit sans détour : l'évaluation du caractère bruyant d'un ronflement est subjective, donc inconsistante. Le bruit de ronflement a une hauteur basse (en dessous de 500 Hz) quand il vient surtout du battement du voile du palais ; le ronflement qui ne vient pas du palais est plus « bruité » avec de l'énergie dans les fréquences plus aiguës. Les mêmes auteurs soulignent que la mesure objective est importante pour évaluer l'effet d'un changement, et que savoir si certains aspects acoustiques (comme la hauteur) prédisent la présence d'une apnée n'est, à ce jour, pas suffisamment établi.

Pevernagie D, Aarts RM, De Meyer M. The acoustics of snoring. Sleep Med Rev 2010. PMID 19665907

Une étude plus ancienne, auprès de 613 patients adressés à une clinique du sommeil pour ronflement et suspicion d'apnée, avait précisément posé cette question : la perception du ronflement par le patient et par le technicien du sommeil correspond-elle à la mesure objective de sa fréquence et de son volume ? L'abstract disponible est tronqué avant les résultats et nous ne les citons donc pas. Le titre de l'étude dit l'essentiel du doute : le ronflement est-il « dans l'oreille de celui qui écoute » ?

Hoffstein V, Mateika S, Anderson D. Snoring: is it in the ear of the beholder? Sleep 1994. PMID 7809565

Que vaut un chiffre en dB sur un téléphone ?

Des chercheurs de l'institut américain de santé et sécurité au travail (NIOSH) ont comparé des applications de mesure sonore pour smartphone à un appareil de référence. Ils ont évalué plus de 130 applications iOS : seules 10 répondaient aux critères de sélection. Côté Android, seules 4 applications sur 62 ont été testées. Deux applications s'écartaient en moyenne de 0,07 dB (sans pondération) et de moins 0,52 dB (pondération A) de la valeur de référence, deux autres restaient à plus ou moins 2 dB. Conclusion des auteurs : certaines applications peuvent convenir pour mesurer le bruit au travail.

Kardous CA, Shaw PB. Evaluation of smartphone sound measurement applications. J Acoust Soc Am 2014. PMID 25236152

Ce qu'il faut en retenir se lit dans l'autre sens. Si seules quelques applications sur plus de cent trente étaient assez précises dans un test de mesure contrôlé, le chiffre affiché par une application quelconque sur la table de chevet, au milieu d'une chambre, pendant le sommeil, n'a aucune raison d'être fiable. L'étude portait sur du bruit en milieu de travail : ce n'est pas du ronflement dans une chambre, et elle ne l'a pas évalué.

Trois raisons de plus, tirées de la physique élémentaire (aucune étude n'est citée ici pour elles), de se méfier d'un chiffre isolé. La distance d'abord : en champ libre, le niveau baisse d'environ 6 dB chaque fois que la distance au micro double, et un téléphone posé à 40 centimètres ou à un mètre ne rapporte pas le même chiffre. Le réglage automatique de sensibilité de beaucoup de micros ensuite, qui lisse les écarts. Et le type de mesure enfin : une valeur de crête, une moyenne sur la nuit ou une moyenne sur un passage de ronflement ne sont pas comparables entre elles.

Ce qu'un téléphone fait bien : comparer vos nuits entre elles

Une raison de plus de se méfier d'un chiffre unique : le ronflement d'une même personne n'a pas de volume fixe. La revue d'acoustique rappelle qu'il peut varier au sein d'une même nuit et d'une nuit à l'autre, avec la position, la phase de sommeil et la voie respiratoire. Un « 55 dB » relevé une nuit est donc une photo d'un moment. Ce qui renseigne, c'est la fourchette sur plusieurs nuits, et la façon dont elle bouge quand une seule habitude change.

Ce qu'on peut raisonnablement demander à un téléphone, c'est la comparaison : une nuit contre une autre, avec le même appareil, au même endroit, à la même distance. Les chiffres absolus ne comptent plus, seule la variation compte : le ronflement est-il plus présent, plus long, plus fréquent les nuits où vous avez bu ? Sur le dos plutôt que sur le côté ? Avec un nez bouché ? SleepTrace repère les passages de ronflement avec leur heure et permet de les réécouter : on voit si le ronflement est regroupé ou étalé, plutôt en début ou en fin de nuit. L'application est un outil de bien-être, pas un dispositif médical ; elle ne remplace ni une mesure de laboratoire ni un avis médical.

  • Gardez le téléphone au même endroit d'une nuit à l'autre : même table, même distance, même orientation.
  • Notez ce qui change : alcool, position, nez, repas tardif. Un seul changement à la fois.
  • Réécoutez deux ou trois passages plutôt que de vous fier à un seul chiffre : l'oreille repère ce qu'une courbe lisse.

Pour savoir ce que vous pouvez changer, ronflement : que faire sans produit passe en revue les leviers documentés, et la cause du ronflement reprend le mécanisme.

Le volume gêne, mais ce qui compte pour celui qui écoute, c'est son sommeil

Pour un conjoint, le chiffre en dB importe moins que ce que le bruit fait à sa nuit. Une étude de laboratoire sur 10 couples a mesuré le sommeil des deux partenaires en même temps : il s'améliorait nettement chez le conjoint quand le ronflement et les apnées étaient supprimés. Les chiffres et les limites sont dans qui consulter pour un ronflement. Retenez ceci : le bruit de ronflement a un coût pour celui qui l'entend, même s'il croit s'y être habitué.

Pas de seuil en dB qui sépare le banal de l'inquiétant

Il n'existe pas ici de seuil en dB qui sépare le ronflement « normal » du ronflement « à voir ». Les études donnent des moyennes de groupes, pas de limite individuelle, et aucune des sources citées ne mesure le ronflement avec un téléphone. Si un ronflement vous préoccupe, la bonne démarche n'est pas de comparer votre chiffre à un tableau, c'est de décrire ce que vous constatez à un médecin.

Questions fréquentes

Dans une étude de laboratoire sur 1 643 ronfleurs, l'intensité moyenne allait de 46,3 dB chez ceux sans apnée à 60,5 dB chez ceux avec une apnée très sévère. Ce sont des moyennes de groupe : elles ne donnent pas de limite individuelle.

Pas à lui seul. En moyenne, plus l'apnée est sévère, plus le ronflement est fort (corrélation de 0,66), mais cela laisse beaucoup d'exceptions. Ce sont les pauses respiratoires, les réveils avec étouffement et la fatigue en journée qui justifient un avis médical.

Avec prudence. Dans une étude américaine sur la mesure du bruit au travail, seules 10 applications iOS sur plus de 130 répondaient aux critères et 4 applications Android sur 62 ont été testées. Un téléphone convient mieux pour comparer vos nuits entre elles que pour donner un chiffre absolu.

Les hommes ronflent plus souvent que les femmes dans les enquêtes (38 % contre 30,4 % dans une enquête britannique), mais cela ne dit pas qu'à gravité égale leur ronflement soit plus fort. Le ronflement féminin est plus souvent sous-estimé par l'entourage.

Gardez le téléphone au même endroit, changez une seule chose à la fois (alcool, position, nez), puis comparez le nombre et la durée des passages de ronflement. Réécoutez quelques extraits plutôt que de vous fier à un seul chiffre.

SleepTrace est une application de bien-être, pas un dispositif médical. Cet article donne des informations générales, pas un avis médical. Si vos symptômes sont fréquents, marqués ou vous inquiètent, parlez-en à un médecin.


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