L'apnée du sommeil est une respiration qui s'interrompt (apnée) ou se réduit (hypopnée) pendant le sommeil, des dizaines de fois par nuit : au moins 5 fois par heure pour parler de syndrome, avec des pauses de 10 à 30 secondes ou plus selon ameli. La forme de loin la plus fréquente est obstructive (la gorge se ferme) ; la forme centrale, plus rare, vient d'un défaut de commande venue du cerveau, surtout dans l'insuffisance cardiaque grave, après un AVC ou avec certains médicaments ; les formes mixtes ou complexes associent les deux. Les pourcentages de fréquence vont de 4 % à environ 50 % selon la définition, la population et les règles de comptage.
Le mot « apnée » prête à confusion. On pense à l'apnée du plongeur, volontaire, tenue quelques minutes. L'apnée du sommeil est tout l'inverse : involontaire, courte, répétée, et le dormeur n'en sait en général rien. Ce qui reste, c'est un sommeil haché et une fatigue au réveil. C'est quoi, l'apnée du sommeil, alors ? Des pauses ou des ralentissements de la respiration, d'au moins 10 secondes, comptés par heure de sommeil, qui peuvent se répéter une centaine de fois par nuit. Cet article présente la définition, la cause de l'apnée du sommeil (une gorge qui se ferme, avec ses facteurs), les trois types et les chiffres de fréquence.
Qu'est-ce que l'apnée du sommeil ? Des pauses de respiration, comptées par heure
Selon la page d'ameli sur le sujet (datée du 5 août 2026, consultée le 21 octobre 2026), l'apnée du sommeil, appelée en médecine syndrome d'apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS), se caractérise par la survenue anormalement fréquente d'interruptions (apnées) ou de réductions (hypopnées) de la respiration pendant le sommeil. Ces pauses durent de 10 à 30 secondes, voire plus, se produisent au moins 5 fois par heure de sommeil et peuvent se répéter une centaine de fois par nuit. Elles sont causées par un relâchement des muscles de la gorge, qui devient mou et laisse mal passer l'air : une réduction du débit est une hypopnée, une fermeture complète est une apnée. Le manque d'oxygène réveille brièvement le cerveau, par des micro-éveils dont la personne n'a pas conscience, puis la respiration reprend, jusqu'à l'obstruction suivante. Dans la classification internationale des maladies (CIM-10, version de l'OMS), l'apnée du sommeil porte le code G47.3.

Le nombre de pauses et de ralentissements par heure de sommeil s'appelle l'indice d'apnées-hypopnées. On le note IAH. Il sert à classer la gravité, et il se mesure sur une nuit enregistrée. Les seuils de 5, 15 et 30 séparent les formes légère, modérée et sévère (ameli décrit une forme légère entre 5 et 15, modérée entre 16 et 30, sévère au-delà). Le détail de ce que signifie un indice très élevé, et ce que disent les études sur les risques, est dans apnée du sommeil et espérance de vie.
Obstructive, centrale, mixte : trois types, parfois quatre
La forme obstructive est celle dont on parle presque toujours : la gorge se ferme malgré les efforts du thorax pour respirer. C'est elle qui fait ronfler, et que décrivent la plupart des études citées sur ce site.
La forme centrale est tout autre : il n'y a pas d'obstruction, c'est la commande venue du cerveau qui est perturbée. La page d'ameli la qualifie de beaucoup plus rare et cite, parmi les circonstances, l'insuffisance cardiaque grave, les séquelles d'accident vasculaire cérébral et la prise de médicaments (baclofène, opiacés). Une revue de 2007 distingue plusieurs manifestations : respiration périodique en haute altitude, apnée centrale idiopathique (sans cause identifiée), apnée induite par les opiacés, syndrome d'hypoventilation de l'obésité et respiration de Cheyne-Stokes, ce rythme où la respiration enfle puis s'éteint par cycles.
Eckert DJ, Jordan AS, Merchia P, Malhotra A. Central sleep apnea: Pathophysiology and treatment. Chest 2007. PMID 17296668
La forme mixte ou complexe associe les deux. Une étude de 2006 a étudié des patients qui paraissaient avoir une apnée obstructive : sur 223 adultes adressés en un mois à un centre du sommeil, 15 % avaient une apnée dite complexe, c'est-à-dire que les pauses obstructives disparaissaient sous l'appareil de nuit mais laissaient place à des pauses centrales. Dans une autre étude, sur 1 286 patients, 6,5 % ont développé des apnées centrales pendant l'ajustement de l'appareil, qui disparaissaient dans la plupart des cas en moins de huit semaines, et l'apnée centrale persistante concernait environ 1,5 % des patients.
Morgenthaler TI, Kagramanov V, Hanak V, Decker PA. Complex sleep apnea syndrome: is it a unique clinical syndrome? Sleep 2006. PMID 17040008
Javaheri S, Smith J, Chung E. The prevalence and natural history of complex sleep apnea. J Clin Sleep Med 2009. PMID 19960639
Quels sont les 4 types d'apnée du sommeil que l'on trouve sur certains sites ? La classification courante en compte trois (obstructive, centrale, mixte). Un quatrième type apparaît quand on isole la forme complexe, celle des pauses obstructives qui laissent place à des pauses centrales sous l'appareil de nuit (15 % des 223 patients de l'étude de 2006), ou quand on découpe la forme centrale en sous-types. Aucune définition unique ne s'impose.
La différence compte pour le traitement. L'exemple le plus net est l'essai SERVE-HF, 1 325 patients avec une insuffisance cardiaque à fraction d'éjection réduite et une apnée surtout centrale : un appareil de ventilation asservie, qui ramenait l'indice à 6,6 par heure, n'a pas réduit le critère principal (décès, intervention cardiaque vitale ou hospitalisation) et a au contraire augmenté la mortalité toutes causes (rapport de risque de 1,28) et cardiovasculaire (1,34). Pour une apnée centrale, un traitement conçu pour l'apnée obstructive n'est pas transposable.
Cowie MR, Woehrle H, Wegscheider K, Angermann C, d'Ortho MP, Erdmann E, Levy P, Simonds AK, Somers VK, Zannad F, Teschler H. Adaptive Servo-Ventilation for Central Sleep Apnea in Systolic Heart Failure. N Engl J Med 2015. PMID 26323938
Les causes de l'apnée obstructive : pourquoi la gorge se ferme
Une revue publiée dans The Lancet en 2014 résume les facteurs prédisposants : un conduit de gorge étroit, une commande respiratoire instable, un seuil de réveil bas, un petit volume pulmonaire et des muscles dilatateurs de la gorge peu efficaces. Les facteurs de risque sont l'obésité, le sexe masculin, l'âge, la ménopause, la rétention d'eau, l'hypertrophie des amygdales et des végétations, et le tabagisme.
Jordan AS, McSharry DG, Malhotra A. Adult obstructive sleep apnoea. Lancet 2014. PMID 23910433
La page d'ameli ajoute des chiffres et des exemples : la fréquence augmente avec l'âge (7,9 % des 20 à 44 ans, 19,7 % des 45 à 64 ans, 30,5 % des plus de 65 ans), les hommes sont deux fois plus exposés mais la fréquence augmente après la ménopause chez les femmes, et le surpoids est un facteur majeur par l'infiltration graisseuse autour du pharynx (70 % des personnes avec apnée sont en surpoids). Les anomalies ORL (nez obstrué, amygdales ou luette volumineuses), les anomalies de la mâchoire ou de la langue, l'alcool, le tabac et les sédatifs aggravent aussi. Pour le détail du poids, voir l'apnée du sommeil et le poids.
Cause de l'apnée du sommeil : ce que chiffre le poids
La requête « apnée du sommeil cause » renvoie à des listes de facteurs ; une cohorte donne un ordre de grandeur pour le plus mesurable d'entre eux, le poids. Dans une étude de 690 adultes du Wisconsin évalués deux fois à quatre ans d'intervalle (46 ans en moyenne, 56 % d'hommes), une prise de poids de 10 % annonçait une hausse d'environ 32 % de l'indice d'apnées (intervalle de 20 à 45 %), et une perte de 10 % une baisse de 26 % (18 à 34 %). La même prise de poids multipliait par 6 les chances de développer une apnée modérée à sévère (intervalle de 2,2 à 17,0). Les auteurs en concluent qu'un contrôle même modeste du poids a de bonnes chances d'agir sur la gravité et sur l'apparition des troubles respiratoires du sommeil.
Il s'agit d'une observation sur une population, pas d'un essai, et elle ne dit pas ce que serait l'effet chez une personne donnée. Elle rappelle aussi que le poids n'est qu'une des causes : la forme de la gorge et de la mâchoire, l'âge, le sexe, l'alcool et un nez obstrué interviennent, comme le résume la revue de 2014. D'où l'intérêt de l'enregistrement du sommeil pour chiffrer le problème. L'article sur l'apnée du sommeil et le poids examine le lien dans l'autre sens.
Peppard PE, Young T, Palta M, Dempsey J, Skatrud J. Longitudinal study of moderate weight change and sleep-disordered breathing. JAMA 2000. PMID 11122588
Qui est concerné ? Pourquoi les pourcentages varient de 4 % à 50 %
On lit des chiffres qui se contredisent en apparence. Un échantillon de 602 actifs de 30 à 60 ans, étudié en 1993, trouvait un indice de 5 ou plus chez 24 % des hommes et 9 % des femmes, mais seulement 4 % des hommes et 2 % des femmes avaient en plus une somnolence dans la journée, ce qui correspond à la définition du syndrome. Une étude de population à Lausanne, en 2015, trouvait 49,7 % des hommes et 23,4 % des femmes avec un indice de 15 ou plus, une prévalence que les auteurs attribuent en partie à une plus grande sensibilité des techniques d'enregistrement et des règles de comptage actuelles. La Haute Autorité de santé, dans un avis de 2026, retient en France une prévalence autour de 4 % dans la population générale.
Young T, Palta M, Dempsey J, Skatrud J, Weber S, Badr S. The occurrence of sleep-disordered breathing among middle-aged adults. N Engl J Med 1993. PMID 8464434
Heinzer R, Vat S, Marques-Vidal P, Marti-Soler H, Andries D, Tobback N, Mooser V, Preisig M, Malhotra A, Waeber G, Vollenweider P, Tafti M, Haba-Rubio J. Prevalence of sleep-disordered breathing in the general population: the HypnoLaus study. Lancet Respir Med 2015. PMID 25682233
« Combien de gens ont une apnée » n'a donc pas de réponse unique. Cela dépend de l'indice choisi (5 ou 15), de la présence de symptômes, de l'âge de la population et de la façon de compter les ralentissements de respiration.
Pourquoi fait-on de l'apnée du sommeil ? Une cause neurologique, et l'âge
Une fois la définition posée, il y a vite une seconde question : pourquoi moi ? Dans la forme obstructive, la cause est mécanique (voir plus haut). Pour une cause neurologique, il faut regarder du côté du cerveau et des suites d'un accident vasculaire cérébral. Une méta-analyse de 29 études (2 343 patients après un AVC ou un accident ischémique transitoire) a trouvé des troubles respiratoires du sommeil avec un indice supérieur à 5 chez 72 % des patients, et supérieur à 20 chez 38 %. Seuls 7 % de ces troubles étaient surtout de type central : même après un AVC, c'est le plus souvent une apnée obstructive. Les hommes étaient plus concernés que les femmes (65 % contre 48 % avec un indice supérieur à 10).
Johnson KG, Johnson DC. Frequency of sleep apnea in stroke and TIA patients: a meta-analysis. J Clin Sleep Med 2010. PMID 20411688
L'âge joue aux deux bouts de la vie. Chez l'enfant, ameli indique que l'apnée touche près de 2 % des enfants de deux à six ans et qu'elle est, dans la plupart des cas, associée à de grosses amygdales, à des végétations ou à une obstruction du nez. Chez l'adulte, la fréquence augmente avec l'âge (7,9 % entre 20 et 44 ans, 30,5 % après 65 ans, voir plus haut) : c'est la réponse à la recherche « apnée du sommeil age ». Source pour l'enfant : ameli.fr, « Symptômes, diagnostic et évolution de l'apnée du sommeil » (consultée le 2 novembre 2026).
Comment on sait de quel type il s'agit : l'enregistrement, pas l'oreille
Distinguer l'obstructif du central demande de mesurer l'effort respiratoire pendant la nuit, ce que fait la polysomnographie. Les recommandations de l'académie américaine de médecine du sommeil (2017) en font l'examen de référence pour le diagnostic, déconseillent d'utiliser des questionnaires ou des algorithmes pour poser le diagnostic sans enregistrement, et recommandent la polysomnographie plutôt que l'enregistrement à domicile en cas de maladie cardiaque ou respiratoire importante, de faiblesse des muscles respiratoires, d'hypoventilation, de prise chronique d'opiacés, d'antécédent d'AVC ou d'insomnie sévère. Plusieurs de ces situations (insuffisance cardiaque, AVC, opiacés) sont justement celles où une forme centrale est plus probable. Pour le déroulement en France, voir le test pour l'apnée du sommeil.
Kapur VK, Auckley DH, Chowdhuri S, Kuhlmann DC, Mehra R, Ramar K, Harrod CG. Clinical Practice Guideline for Diagnostic Testing for Adult Obstructive Sleep Apnea: An American Academy of Sleep Medicine Clinical Practice Guideline. J Clin Sleep Med 2017. PMID 28162150
Ce que votre propre nuit peut montrer, et ce qu'elle ne montre pas
Le son d'une nuit ne dit pas de quel type d'apnée il s'agit : le micro d'un téléphone ne mesure ni l'oxygène ni l'effort respiratoire. SleepTrace, qui n'analyse que le son de la nuit, affiche les passages de ronflement avec leur heure, des pauses respiratoires possibles et un indicateur d'apnée du sommeil (niveau de risque, indice moyen estimés à partir du son) : un dépistage, pas un diagnostic, et pas l'équivalent d'un enregistrement en centre. L'application estime, elle n'est pas un dispositif médical. Son usage est plus modeste : donner des passages de ronflement datés et de courts extraits sonores (ronflement, voix ou toux détectés ; le plan gratuit en permet 3 par mois) à la place d'un « je crois que je ronfle » et décrire un schéma (ronflement continu ou par à-coups, pauses suivies d'une reprise bruyante). Les formes centrales et complexes se repèrent surtout par le contexte médical et par l'enregistrement du sommeil, d'où l'intérêt de dire à votre médecin si vous avez une insuffisance cardiaque, un antécédent d'AVC ou un traitement par opiacés.
À ne pas banaliser : une somnolence qui gêne la journée, un endormissement au volant, des pauses respiratoires remarquées par un proche, des réveils avec la sensation d'étouffer. Ce sont des raisons de demander un avis médical rapide, que l'on soit mince ou en surpoids, jeune ou âgé. Cet article ne pose aucun diagnostic.
Questions fréquentes
Dans la forme obstructive, la gorge se rétrécit ou se ferme pendant le sommeil. Une revue de 2014 cite un conduit étroit, des muscles dilatateurs peu efficaces, l'obésité, le sexe masculin, l'âge, la ménopause et le tabagisme. Dans une cohorte de 690 adultes, une perte de poids de 10 % allait avec une baisse de 26 % de l'indice.
Une respiration qui s'interrompt ou se réduit pendant le sommeil, au moins 5 fois par heure, pendant 10 à 30 secondes ou plus, avec des micro-éveils dont on n'a pas conscience (définition d'ameli, page consultée le 21 octobre 2026).
Trois formes courantes : obstructive (la gorge se ferme, de loin la plus fréquente), centrale (la commande du cerveau est perturbée, plus rare), et mixte ou complexe (les deux, parfois apparue sous appareil de nuit). Une liste unique « à quatre types » n'existe pas : elle varie selon les sources.
Oui, pour la forme centrale : ameli cite l'insuffisance cardiaque grave, les séquelles d'accident vasculaire cérébral et certains médicaments (baclofène, opiacés). Elle est beaucoup plus rare que la forme obstructive et se distingue par un enregistrement du sommeil, pas à l'oreille.
Une apnée est une interruption complète du passage de l'air, une hypopnée une réduction du débit. Les deux sont comptées dans l'indice d'apnées-hypopnées, par heure de sommeil, qui classe la gravité autour des seuils de 5, 15 et 30.
À partir de 5 pauses ou ralentissements par heure de sommeil, selon la page d'ameli consultée le 21 octobre 2026, avec des seuils de gravité autour de 15 et 30. Une nuit isolée varie : dans une étude de 77 patients suivis deux semaines à l'oxymètre, la classe de gravité changeait d'une nuit à l'autre chez 77,9 % d'entre eux.
Cela dépend de la définition : 4 % des hommes et 2 % des femmes avec indice de 5 ou plus et somnolence (échantillon de 1993), 24 % et 9 % avec indice de 5 ou plus seul, et 49,7 % et 23,4 % avec indice de 15 ou plus dans une étude lausannoise de 2015. La HAS retient environ 4 % en France dans la population générale.
Dans une méta-analyse de 2 343 patients après un AVC ou un accident ischémique transitoire, 72 % avaient des troubles respiratoires du sommeil (indice supérieur à 5), mais seulement 7 % de ces troubles étaient surtout centraux. Après un AVC, l'apnée est donc le plus souvent obstructive. Seul un enregistrement du sommeil le dit.
Oui : ameli indique près de 2 % des enfants de 2 à 6 ans, le plus souvent avec de grosses amygdales, des végétations ou un nez obstrué. Un enfant qui ronfle bruyamment la nuit relève du médecin traitant ou du pédiatre.
SleepTrace est une application de bien-être, pas un dispositif médical. Cet article donne des informations générales, pas un avis médical. Si vos symptômes sont fréquents, marqués ou vous inquiètent, parlez-en à un médecin.
Entre apnée obstructive, centrale et mixte, seul un enregistrement médical dit de quel type il s’agit. SleepTrace ne fait pas cela : il n’entend que le son, repère vos ronflements et les pauses respiratoires possibles, et vous laisse des repères horodatés à montrer au médecin. Le suivi de chaque nuit est gratuit.
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