Le ronflement chez l'homme est plus fréquent que chez la femme : un rapport de cotes de 1,89 sur 63 études (environ 104 000 hommes et 110 000 femmes), et 34,6 % de ronfleurs habituels parmi 850 hommes lorrains. L'âge, le poids, l'obstruction nasale la nuit, le tabac et l'alcool sont associés au ronflement. L'écart entre sexes ne s'explique pas entièrement par le tour de cou ou l'indice de masse corporelle, et ses causes restent mal connues. Un ronflement très fort, des pauses respiratoires ou une somnolence en journée justifient un bilan, d'autant que beaucoup d'hommes ne se savent pas ronfleurs.
Les hommes ronflent plus que les femmes : l'Assurance maladie le dit, et une méta-analyse le chiffre. Reste à savoir de combien, avec quels facteurs associés, et pourquoi. Pour la fréquence et les facteurs, les données sont solides ; pour les raisons de l'écart entre sexes, elles ne le sont pas.
Le ronflement chez l'homme est-il vraiment plus fréquent, et de combien ?
Oui, et la différence est solide. Une méta-analyse de 63 études en population générale (environ 104 000 hommes et 110 000 femmes au total) a trouvé un rapport de cotes de 1,89 (intervalle de confiance de 1,75 à 2,03) en faveur des hommes : dans ces études, un homme a près de deux fois plus de chances de ronfler qu'une femme. Les études ne donnent pas toutes le même écart, et l'âge explique en partie ces différences : l'écart entre sexes change avec l'âge.
Chan CH, Wong BM, Tang JL, Ng DK. Gender difference in snoring and how it changes with age: systematic review and meta-regression. Sleep Breath 2012. PMID 21938435
En France, l'enquête de Lorraine donne un ordre de grandeur utile. Sur 850 hommes actifs de 22 à 66 ans, 34,6 % ronflaient de façon habituelle, avec une fréquence qui augmentait avec l'âge et le poids. Pour mémoire, ameli indique que le ronflement touche de façon régulière plus de 40 % des adultes de plus de 50 ans, et qu'après la ménopause il devient plus fréquent chez les femmes (page consultée le 2 novembre 2026).
Derrière le ronflement, l'enjeu est souvent l'apnée du sommeil. Dans la cohorte du Wisconsin, 602 salariés de 30 à 60 ans ont passé une nuit d'enregistrement : 24 % des hommes et 9 % des femmes avaient un indice d'apnées-hypopnées d'au moins 5 par heure, et 4 % des hommes contre 2 % des femmes remplissaient les critères du syndrome d'apnée du sommeil, avec somnolence. Les ronfleurs habituels, hommes et femmes, avaient plus souvent un indice de 15 ou plus. L'étude date de 1993 et ne reflète pas la population actuelle, mais la différence entre sexes y est nette.
Young T, Palta M, Dempsey J, Skatrud J, Weber S, Badr S. The occurrence of sleep-disordered breathing among middle-aged adults. N Engl J Med 1993. PMID 8464434
Quels facteurs sont associés au ronflement masculin ?
Dans l'enquête lorraine, les facteurs associés au ronflement habituel, de façon indépendante, étaient l'âge, le poids, l'obstruction nasale nocturne, un diagnostic médical d'apnée du sommeil, et une hypertrophie du voile du palais et de la luette. Un résultat inattendu : la taille jouait un rôle protecteur, une observation que les auteurs disent nouvelle. L'activité physique, elle, n'apparaissait pas comme un facteur significatif.
Les auteurs y voient la confirmation de facteurs de risque déjà décrits : l'âge, le poids, le tour de taille, l'obstruction nasale et des anomalies du rhinopharynx. Ils notent que cette fréquence d'environ un tiers est comparable à celle d'autres études utilisant les mêmes méthodes.
Teculescu D, Benamghar L, Hannhart B, Montaut-Verient B, Michaely JP. [Habitual snoring. Prevalence and risk factors in a sample of the French male population]. Rev Mal Respir 2007. PMID 17417165
Le tabac pèse lourd. Dans une enquête de 15 555 adultes de 25 à 54 ans en Islande, Estonie, Danemark, Norvège et Suède, le ronflement habituel (fort et gênant, au moins trois nuits par semaine) concernait 24,0 % des fumeurs actuels, 20,3 % des anciens fumeurs et 13,7 % des personnes n'ayant jamais fumé. Chez les non-fumeurs, l'exposition quotidienne à la fumée des autres à la maison faisait passer le taux de 13,3 % à 19,8 %. Avoir déjà fumé expliquait 17,1 % du risque attribuable de ronflement habituel, contre 4,3 % pour l'obésité.
Franklin KA, Gíslason T, Omenaas E, Jõgi R, Jensen EJ, Lindberg E, Gunnbjörnsdóttir M, Nyström L, Laerum BN, Björnsson E, Torén K, Janson C. The influence of active and passive smoking on habitual snoring. Am J Respir Crit Care Med 2004. PMID 15242843
L'alcool s'ajoute : une méta-analyse de 13 études associe sa consommation à un ronflement plus sévère, à un indice d'apnées plus élevé de 3,98 événements par heure et à une saturation en oxygène minimale plus basse de 2,72 points. Et certains médicaments pris au coucher (somnifères, tranquillisants, antihistaminiques) relâchent les muscles de la gorge, selon ameli, et favorisent le ronflement : ce n'est jamais une raison d'arrêter un traitement sans avis. Pour le détail des causes anatomiques, cause du ronflement reprend le mécanisme.
Burgos-Sanchez C, Jones NN, Avillion M, Gibson SJ, Patel JA, Neighbors J, Zaghi S, Camacho M. Impact of Alcohol Consumption on Snoring and Sleep Apnea: A Systematic Review and Meta-analysis. Otolaryngol Head Neck Surg 2020. PMID 32513091
Pourquoi les hommes ronflent plus, ce que les études n'expliquent pas
On attribue souvent l'écart à la corpulence, plus précisément au tour de cou. Une grande étude sur 3 942 patients d'une consultation du sommeil (2 753 hommes et 1 189 femmes) a testé cette idée. L'apnée du sommeil était plus fréquente chez les hommes (indice supérieur à 10 chez 60 % contre 32 %) et plus sévère (indice moyen de 25 contre 12). Les hommes avaient un tour de cou plus grand, mais la différence devenait bien moindre une fois rapportée à la taille. Même à tour de cou rapporté à la taille et à indice de masse corporelle égaux, l'indice d'apnées restait plus élevé chez les hommes (24,4 contre 14,8). Les auteurs concluent que d'autres facteurs interviennent.
Dancey DR, Hanly PJ, Soong C, Lee B, Shepard J, Hoffstein V. Gender differences in sleep apnea: the role of neck circumference. Chest 2003. PMID 12740272
Une revue sur les différences entre sexes dans l'apnée du sommeil dresse le même constat : les syndromes d'apnées sont plus fréquents chez l'homme, la différence est plus marquée dans les consultations du sommeil que dans la population, et les raisons physiologiques de cette prédominance restent inconnues. Ces travaux portent sur l'apnée plus que sur le ronflement simple, ce qui veut dire qu'on connaît mieux le phénomène que sa cause.
Jordan AS, McEvoy RD. Gender differences in sleep apnea: epidemiology, clinical presentation and pathogenic mechanisms. Sleep Med Rev 2003. PMID 14573374
Un ronflement très fort en dit-il plus qu'un ronflement discret ?
Un ronflement fort alarme davantage, avec raison, mais le volume seul ne tranche pas. Ameli indique que le bruit varie de peu audible jusqu'à 100 décibels. Chez 1 643 ronfleurs habituels adressés pour suspicion d'apnée (65 % d'hommes), l'intensité mesurée du ronflement augmentait avec la sévérité de l'apnée, de 46,3 dB en l'absence d'apnée à 60,5 dB pour les formes les plus sévères, avec une corrélation de 0,66. C'est une tendance dans un groupe : on peut avoir une apnée avec un ronflement discret, et un ronflement fort sans apnée. Les niveaux et leur mesure sont détaillés dans décibels du ronflement.
Maimon N, Hanly PJ. Does snoring intensity correlate with the severity of obstructive sleep apnea? J Clin Sleep Med 2010. PMID 20957849
Le rôle du partenaire quand le ronfleur ne s'entend pas
Selon ameli, le ronflement est souvent peu perturbant pour le ronfleur lui-même ; c'est le conjoint qui en subit les conséquences. L'effet est mesurable. Dans une étude de dix couples, dont les patients étaient tous des hommes avec une apnée suspectée, le sommeil des partenaires passait d'une efficacité de 74 % à 87 % quand un appareil respiratoire supprimait le ronflement et les apnées du patient pendant la nuit. Le bruit pèse sur l'autre ; cela ne justifie pas pour autant de s'équiper à la légère.
Beninati W, Harris CD, Herold DL, Shepard JW. The effect of snoring and obstructive sleep apnea on the sleep quality of bed partners. Mayo Clin Proc 1999. PMID 10918859
Le ronfleur s'entend rarement : ce que dit le conjoint
La formule « cause du ronflement chez l homme » mène vite à une question préalable : qui a entendu le ronflement, et sur combien de nuits ? Une étude de couples mariés, menée dans une enquête de population, a comparé ce que chacun déclarait. L'accord entre conjoints allait de 70 à 98 %, mais restait modeste une fois le hasard corrigé (kappa de -0,01 à 0,52). Pour les hommes, la déclaration du conjoint donnait des taux plus élevés que leur propre déclaration, pour le ronflement et pour quatre autres signes d'apnée. Le ronflement rapporté par le conjoint était aussi un facteur de risque significatif de cardiopathie ischémique, alors que le ronflement déclaré par l'homme lui-même montrait un effet plus faible, non significatif. Aucun lien avec l'hypertension n'apparaissait dans les deux cas. Les auteurs en concluent que les questionnaires peuvent mal classer les ronfleurs, ce qui fausse les estimations.
Wiggins CL, Schmidt-Nowara WW, Coultas DB, Samet JM. Comparison of self- and spouse reports of snoring and other symptoms associated with sleep apnea syndrome. Sleep 1990. PMID 2356396
Pour la recherche « ronflement fort homme », la leçon est la même : sans témoin fiable, on ne sait pas à quel point on ronfle. Un enregistrement de plusieurs nuits remplace le témoin absent, à condition de ne pas oublier l'avis du conjoint, qui reste précieux. Cette étude date de 1990 et repose sur des questionnaires ; elle montre une source d'erreur, pas une mesure du volume.
Quand consulter. Un ronflement régulier chaque nuit, surtout avec des pauses respiratoires remarquées par la personne qui partage la chambre, des réveils en sursaut avec la sensation d'étouffer, une somnolence dans la journée, une tension difficile à équilibrer ou des maux de tête au réveil : parlez-en à votre médecin traitant. Selon ameli, quand une personne ronfle durablement, une cause doit être recherchée. Ce texte n'établit aucun diagnostic.
Pour celui qui ne s'entend pas, entendre son propre ronflement aide à passer à l'acte. SleepTrace écoute la nuit avec le micro du téléphone (application ouverte, téléphone en charge), repère les passages de ronflement avec leur heure et garde de courts extraits sonores pour les événements détectés (3 par mois à réécouter dans le plan gratuit). L'indicateur d'apnée du sommeil, un niveau de risque et un indice moyen, est un repérage sans valeur de diagnostic ; l'application n'est pas un dispositif médical. Pour savoir par où commencer, qui consulter pour un ronflement reste la suite logique.
Questions fréquentes
Oui, de façon constante. Une méta-analyse de 63 études en population générale trouve un rapport de cotes de 1,89 en faveur des hommes, et ameli indique que les hommes ronflent plus que les femmes. L'écart varie avec l'âge.
Dans une enquête auprès de 850 hommes actifs de Lorraine, 34,6 % ronflaient de façon habituelle, avec une fréquence qui augmentait avec l'âge et le poids. Ameli indique plus de 40 % de ronflement régulier chez les adultes de plus de 50 ans.
Les études ne l'expliquent pas complètement. Une étude sur 3 942 patients montre que le tour de cou, l'âge et l'indice de masse corporelle ne suffisent pas à expliquer l'écart d'apnée entre hommes et femmes, et une revue précise que les raisons physiologiques restent inconnues.
Dans une enquête de 15 555 adultes, 24,0 % des fumeurs actuels ronflaient de façon habituelle contre 13,7 % des personnes n'ayant jamais fumé. Une méta-analyse associe l'alcool à un ronflement plus sévère et à un indice d'apnées plus élevé de 3,98 événements par heure.
L'intensité du ronflement augmente en moyenne avec la sévérité de l'apnée (de 46,3 à 60,5 dB chez 1 643 ronfleurs), mais c'est une tendance de groupe. Un ronflement discret n'exclut pas une apnée, et un ronflement fort n'en prouve pas une.
Dès que le ronflement est régulier et s'accompagne de pauses respiratoires, de somnolence, de réveils en sursaut, de maux de tête au réveil ou d'une tension difficile à équilibrer. Ameli précise qu'un ronflement durable doit faire rechercher une cause.
Souvent mal. Dans une étude de couples, l'accord entre ce que déclare chacun allait de 70 à 98 % mais restait modeste après correction du hasard, et pour les hommes le conjoint rapportait plus de ronflement que l'homme lui-même. Un enregistrement de plusieurs nuits donne un point de comparaison.
SleepTrace est une application de bien-être, pas un dispositif médical. Cet article donne des informations générales, pas un avis médical. Si vos symptômes sont fréquents, marqués ou vous inquiètent, parlez-en à un médecin.
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